Le KED est un moment que j’attends chaque année. C’est l’occasion d’écouter des conférences et de revenir chargées d’idées nouvelles ; pour nous blogueuses et auteures, on peut rencontrer les équipes de nos maisons d’édition, nos collègues blogueuses et auteures et les personnes qui échangent avec nous.

Cette année, la salle était remplie de 500 personnes, une 20aine a dû sortir par manque de place. Merci à toutes et à tous pour votre intérêt et votre confiance !

Ce sujet vous/nous touche tous : ça fait des années que j’avais envie de mener cet atelier !

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Comment continuer à exercer un métier aussi passionnant qu’exigeant sans s’épuiser ? C’est autour de cette question essentielle que s’est articulée notre conférence destinée aux enseignants du premier degré. Face à une charge mentale toujours plus importante, l’objectif n’était pas de proposer une méthode miracle, mais de partager des pistes concrètes, directement transférables dans les classes.

On peut se voiler la face autant que l’on veut, le mal-être enseignant est une réalité : le  Ministre a même été interpelé à ce sujet à l’Assemblée Nationale. Le but de cette conférence est d’inverser la tendance en s’organisant mieux, afin de récupérer son énergie. L’objectif n’est pas de travailler moins, mais de travailler autrement, en faisant des choix pédagogiques qui profitent à la fois aux élèves… et aux enseignants.

CLIC ci-dessous pour visionner la vidéo.

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Coquille dans le diaporama qu’on a présenté

Enfin, c’est plutôt une précision. L’une des clés consiste à mieux cibler les activités proposées en classe. Il n’est pas nécessaire de multiplier les exercices écrits pour garantir des apprentissages solides. Au contraire, varier les modalités d’apprentissage crée des situations riches : échanges oraux, activités de tris et de classement, débats, travaux de groupe, permet souvent d’apprendre davantage tout en réduisant le temps consacré aux photocopies et aux corrections. On entend souvent qu’il n’y a pas de temps pour la littérature : mais les heures d’EDL quotidiennes dépassent souvent largement les préconisations Eduscol : on parle de 3h d’enseignement explicite de la langue à partir du CE1.

Dans les nouveaux programmes de cycle 3, on parle de temps dédié sans précision de volume horaire. Mais pour rester dans la lignée des programmes de cycle 2 (où on mentionne 3h d’EDL explicitement) et dans celle des documents d’accompagnement (2h10), on partirait sur 3h également en cycle 3.

Voir documents Eduscol, anciens programmes : organiser l’étude de la langue cycle 3. Mais ce document est un peu antérieur aux nouveaux programmes.

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Choisir une méthode et s’y tenir : on peut désormais les feuilleter en ligne, inutile de posséder toutes les méthodes d’un niveau, au risque de s’éparpiller. Elles sont conçues dans le respect des programmes, les documents d’accompagnement et les guides, avec une cohérence interne. Elles possèdent tout ce dont l’enseignant a besoin, y compris les corrigés et les évaluations. Certaines sont même destinées au double niveau, afin de travailler sur un même support avec des tâches différenciées.

Retrouvez Histoires à dévorer double niveau chez Nathan : CLIC

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La question des corrections constitue un levier essentiel pour limiter l’épuisement professionnel. Corriger seul, le soir ou pendant la pause méridienne, représente un temps considérable qui pourrait être utilisé autrement. À l’inverse, réaliser les corrections directement en classe offre un double bénéfice. Les élèves bénéficient d’un feedback immédiat, reconnu comme l’un des facteurs les plus efficaces pour favoriser les apprentissages. L’erreur est comprise, expliquée et corrigée au moment où elle est produite, ce qui lui donne une véritable valeur pédagogique. Pendant ce temps, les autres élèves poursuivent leur travail en autonomie grâce à un plan de travail, à des ateliers ou à des activités de réinvestissement déjà connues. Cette organisation permet à l’enseignant de consacrer un temps de qualité aux élèves qui en ont besoin, sans interrompre le fonctionnement de la classe. Les corrections deviennent ainsi un véritable temps d’enseignement plutôt qu’une tâche supplémentaire réalisée en dehors du temps de classe.

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Notre conférence a également insisté sur une évolution devenue incontournable : la conception de l’emploi du temps optimisé. Avec l’arrivée de nouveaux enseignements et dispositifs tels que l’EVAR, les compétences psychosociales (CPS), les 10 heures pHARe, l’éducation au développement durable ou encore le renforcement du travail autour du climat scolaire, il n’est plus possible d’ajouter simplement de nouvelles séances à un emploi du temps limité à 24 heures hebdomadaires. La réponse réside dans une réflexion globale permettant de construire davantage de séances « 2 en 1 » ou « 3 en 1 ».

Une fois l’emploi du temps planifié, en fonction des volumes horaires, de la temporalité donnée dans les nouveaux programmes, des préconisations des livrets d’accompagnement, vous êtes soulagé d’une charge mentale. Voyez le verre à moitié plein : tous ces documents contribuent à donner de la stabilité à votre organisation.

 

A cheval sur 2 cycles :

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Une même activité peut ainsi mobiliser plusieurs objectifs : travailler la compréhension orale tout en développant les compétences psychosociales, mener un débat relevant de l’EMC qui participe également à l’EVAR, ou encore exploiter une œuvre de littérature pour développer simultanément la lecture, le langage oral et les compétences citoyennes. Cette approche permet non seulement de respecter les programmes, mais aussi de réduire la sensation permanente de courir après le temps.

 

Les débats des 4 coins permettent aux élèves de bouger dans la classe et d’utiliser leur corps pour s’exprimer. Les élèves travaillent le lexique de l’argumentation (corpus), le langage oral en compréhension mais aussi en expression, en corrigeant les tics de langage, ils prennent confiance en eux à l’oral et apprennent la tolérance (CPS), tout en traitant le programme d’EMC.

Plus de visuels ici : CLIC

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Le climat de classe constitue un autre facteur déterminant dans la prévention de l’épuisement professionnel. Une classe apaisée n’est pas le fruit du hasard : elle résulte d’un enseignement explicite des comportements attendus. C’est pourquoi le renforcement positif occupe une place centrale. Valoriser les comportements adaptés, encourager les réussites, mettre en avant les progrès, développer les défis collectifs et installer des routines sécurisantes réduisent progressivement les rappels à l’ordre, les conflits et les interruptions permanentes. L’enseignant dépense alors beaucoup moins d’énergie à gérer la discipline et peut consacrer davantage de disponibilité cognitive aux apprentissages.

Tous ces outils sont sur mon blog et développés dans le livre EMC et débat des 4 coins chez Nathan, cité plus haut. 

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Cette logique s’accompagne d’un développement progressif de l’autonomie des élèves. Les plans de travail, les responsabilités, le tutorat entre pairs et les activités autonomes ne servent pas uniquement à occuper les élèves : ils construisent leur capacité à s’organiser, à persévérer et à coopérer. Pendant que certains élèves travaillent de manière autonome sur un sujet déjà traité en classe, l’enseignant peut intervenir auprès d’un petit groupe, apporter des explications individualisées ou réaliser ces fameux feedbacks immédiats qui renforcent l’efficacité des apprentissages.

Enfin, il est essentiel d’accepter que certaines journées nécessitent de ralentir. Une lecture offerte, un débat, des percussions corporelles, un brain break ou une activité artistique constituent parfois le meilleur investissement pédagogique pour retrouver une classe disponible et terminer la journée dans un climat serein.

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En définitive, enseigner sans s’épuiser repose moins sur une diminution du travail que sur une transformation de son organisation. Donner des feedbacks immédiats, corriger en classe, développer l’autonomie des élèves, construire des emplois du temps intégrant plusieurs objectifs d’apprentissage et installer un climat scolaire fondé sur le renforcement positif sont autant de choix professionnels qui améliorent simultanément les apprentissages des élèves et la qualité de vie des enseignants. Préserver l’énergie des personnels n’est pas un luxe : c’est une condition indispensable pour faire réussir durablement tous les élèves : c’est notre Ministre qui le dit lui-même dans la circulaire de rentrée pour 2026-2027.

Certaines images ont été générées par l’IA mais avec un prompt précis répondant à nos exigences, elles-mêmes réfléchies par notre cerveau !

Sylvie Hanot, CPC et Sandrine Brou, directrice d’école et PE.

Mes publications :

 

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